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antiarnaques.fr
Arnaque fréquente · Niveau rouge

Faux mail de livraison : 1,99 € de frais, et un prélèvement tous les mois.

Un message aux couleurs de Chronopost, Colissimo, Mondial Relay ou DPD annonce un colis bloqué et réclame quelques euros de frais. Ces transporteurs subissent l'usurpation de leur nom, ils n'en sont pas les auteurs.

Jeremy Pierre
Jeremy Pierre
Auteur
Publié le 18 août 2026
Mis à jour le 18 août 2026
6 min de lecture
En 30 secondes

Le faux mail de livraison en 30 secondes

  • Ce que c'est :un colis prétendument bloqué faute d'adresse complète ou de frais de douane, à débloquer en payant une somme dérisoire, souvent entre 1 et 3 euros.
  • Le vrai piège :ce n'est pas la somme, mais votre numéro de carte. Le petit paiement sert fréquemment à valider un abonnement caché de plusieurs dizaines d'euros par mois.
  • Pourquoi ça marche :une part importante de la population attend un colis à un instant donné. L'expéditeur n'a pas besoin de vous connaître, seulement d'envoyer en masse.
  • Quoi faire maintenant : vérifiez votre suivi sur le site du transporteur ouvert vous-même, ou faites analyser le message.
Niveau d'alerte
Rouge
Le plus diffusé en volume
Somme demandée
1 à 3 €
Le piège n'est pas là
Coût réel possible
40 à 80 €
Par mois, abonnement caché
Délai pour contester
13 mois
À compter du débit
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Le message le plus envoyé de France

Le faux avis de livraison est probablement le message frauduleux le plus diffusé dans le pays, et sa force tient à une statistique simple : à n'importe quel moment, une part considérable de la population attend un colis. L'expéditeur n'a donc besoin d'aucune information sur vous. Il envoie à des millions d'adresses, et une fraction non négligeable des destinataires se reconnaît dans le scénario.

Le prétexte varie peu : adresse incomplète, colis en attente en entrepôt, frais de douane impayés, nouvelle tentative de livraison à programmer. Le nom affiché emprunte celui d'un transporteur connu, Chronopost, Colissimo, Mondial Relay, DPD, UPS ou DHL, avec un logo et des couleurs correctement copiés.

La somme réclamée est toujours minuscule. C'est délibéré : un ou deux euros ne déclenchent aucune méfiance, et se paient machinalement pour en finir. Or ce paiement n'est presque jamais l'objectif réel.

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Ce qui se passe après les deux euros

Le formulaire de paiement recueille votre numéro de carte, sa date d'expiration et son cryptogramme. À partir de là, deux issues se rencontrent régulièrement.

La première est le prélèvement récurrent. Les conditions acceptées au moment du paiement, écrites en très petits caractères, comportaient une souscription à un service quelconque. Les quelques euros initiaux se transforment en prélèvements mensuels de plusieurs dizaines d'euros, sur une ligne au libellé anodin que l'on ne remarque pas immédiatement sur un relevé.

La seconde est l'usage direct des données de carte, revendues ou exploitées pour des achats. Le débit peut alors survenir des semaines après, ce qui rend le lien avec le message initial difficile à établir.

Le réflexe qui compte
Si vous avez payé, ne vous contentez pas de constater que la somme était petite. Faites opposition, puis surveillez vos relevés pendant plusieurs mois. Un prélèvement récurrent démarre souvent après un délai, précisément pour passer inaperçu.
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Reconnaître le faux en dix secondes

Une seule question suffit dans la majorité des cas : ai-je commandé quelque chose ? Si la réponse est non, le message est un faux, sans autre examen. Si la réponse est oui, passez à la vérification.

Signes d'alerte
  • Le numéro de suivi ne correspond à rien. Comparez avec celui que le vendeur vous a communiqué. Un numéro absent de vos commandes ne peut pas concerner votre colis.
  • On demande un paiement par lien.Les transporteurs facturent, le cas échéant, via leur espace client ou au moment de la livraison, jamais par un lien assorti d'un délai de 48 heures.
  • L'adresse du site imite le transporteur. chronopost-livraison, suivi-colissimo, mondialrelay-colis, suivis d'une extension inhabituelle. Le vrai site du transporteur n'a rien après son nom.
  • Le lien est raccourci.Un lien qui masque sa destination n'a aucune raison d'être dans un avis de livraison légitime.
  • Le message ne vous nomme pas.Un envoi de masse s'adresse à « Cher client » parce qu'il ne sait pas qui vous êtes.

En cas de doute persistant, notre analyseur d'email détecte spécifiquement les adresses qui imitent un nom de transporteur et les liens raccourcis, deux marqueurs très présents dans cette famille de messages.

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Ce que dit la loi

Article 313-1 du code pénalEscroquerieCode conso
Obtenir un paiement ou des données bancaires en se faisant passer pour un transporteur, au moyen d'un faux avis de livraison, réunit les éléments de l'escroquerie : fausse qualité et manoeuvres frauduleuses déterminant la remise.
5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende
Article L.121-2 du code de la consommationPratique commerciale trompeuseCode conso
Une pratique reposant sur des allégations fausses concernant l'identité du professionnel ou les caractéristiques du service est trompeuse. L'abonnement dissimulé derrière un paiement de quelques euros relève également de cette qualification.
2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende
Article L.133-18 du code monétaire et financierRemboursement des opérations non autoriséesCode conso
La banque rembourse immédiatement les opérations non autorisées signalées par l'utilisateur. Les prélèvements récurrents issus d'un abonnement dissimulé peuvent être contestés à ce titre, dans la limite de 13 mois à compter du débit.
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Vous avez payé : quoi faire

1. Opposition sur la carte

Appelez le numéro d'opposition de votre banque. Même si la somme prélevée est dérisoire, ce sont les données de la carte qui sont désormais entre d'autres mains.

2. Cherchez l'abonnement caché

Reprenez vos relevés des trois derniers mois et guettez les mois à venir. Un libellé inconnu, un montant régulier entre quarante et quatre-vingts euros, une périodicité mensuelle : ce sont les signes. Chaque prélèvement non autorisé se conteste.

3. Signalez selon le canal

Un SMS se transfère gratuitement au 33700. Un email se transfère à Signal Spam. Dans les deux cas, signalez également l'escroquerie sur la plateforme Pharos.

4. Contestez et déposez plainte

Signalement sur Perceval si votre carte est toujours en votre possession, contestation écrite à votre banque au titre de l'article L.133-18, et dépôt de plainte, souvent exigé par la banque pour instruire le dossier.

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Questions fréquentes

Ce message concerne-t-il vraiment votre colis ?

Transférez-le à notre analyseur : il repère les adresses qui imitent un transporteur et les liens qui masquent leur destination. Gratuit, sans inscription.

Analyser un email

Vous avez reçu un message de ce type ?

Transférez-le à notre adresse d'analyse : domaine réel de l'expéditeur, destination des liens et contrôles SPF, DKIM et DMARC. Verdict en quelques secondes.

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Cette page fournit des informations juridiques générales fondées sur les textes en vigueur (Code de la consommation, Code civil). Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour les cas complexes ou les montants importants, rapprochez-vous d'une association de consommateurs (UFC Que Choisir) ou d'un avocat.