Le faux mail de livraison en 30 secondes
- Ce que c'est :un colis prétendument bloqué faute d'adresse complète ou de frais de douane, à débloquer en payant une somme dérisoire, souvent entre 1 et 3 euros.
- Le vrai piège :ce n'est pas la somme, mais votre numéro de carte. Le petit paiement sert fréquemment à valider un abonnement caché de plusieurs dizaines d'euros par mois.
- Pourquoi ça marche :une part importante de la population attend un colis à un instant donné. L'expéditeur n'a pas besoin de vous connaître, seulement d'envoyer en masse.
- Quoi faire maintenant : vérifiez votre suivi sur le site du transporteur ouvert vous-même, ou faites analyser le message.
Le message le plus envoyé de France
Le faux avis de livraison est probablement le message frauduleux le plus diffusé dans le pays, et sa force tient à une statistique simple : à n'importe quel moment, une part considérable de la population attend un colis. L'expéditeur n'a donc besoin d'aucune information sur vous. Il envoie à des millions d'adresses, et une fraction non négligeable des destinataires se reconnaît dans le scénario.
Le prétexte varie peu : adresse incomplète, colis en attente en entrepôt, frais de douane impayés, nouvelle tentative de livraison à programmer. Le nom affiché emprunte celui d'un transporteur connu, Chronopost, Colissimo, Mondial Relay, DPD, UPS ou DHL, avec un logo et des couleurs correctement copiés.
La somme réclamée est toujours minuscule. C'est délibéré : un ou deux euros ne déclenchent aucune méfiance, et se paient machinalement pour en finir. Or ce paiement n'est presque jamais l'objectif réel.
Ce qui se passe après les deux euros
Le formulaire de paiement recueille votre numéro de carte, sa date d'expiration et son cryptogramme. À partir de là, deux issues se rencontrent régulièrement.
La première est le prélèvement récurrent. Les conditions acceptées au moment du paiement, écrites en très petits caractères, comportaient une souscription à un service quelconque. Les quelques euros initiaux se transforment en prélèvements mensuels de plusieurs dizaines d'euros, sur une ligne au libellé anodin que l'on ne remarque pas immédiatement sur un relevé.
La seconde est l'usage direct des données de carte, revendues ou exploitées pour des achats. Le débit peut alors survenir des semaines après, ce qui rend le lien avec le message initial difficile à établir.
Reconnaître le faux en dix secondes
Une seule question suffit dans la majorité des cas : ai-je commandé quelque chose ? Si la réponse est non, le message est un faux, sans autre examen. Si la réponse est oui, passez à la vérification.
- Le numéro de suivi ne correspond à rien. Comparez avec celui que le vendeur vous a communiqué. Un numéro absent de vos commandes ne peut pas concerner votre colis.
- On demande un paiement par lien.Les transporteurs facturent, le cas échéant, via leur espace client ou au moment de la livraison, jamais par un lien assorti d'un délai de 48 heures.
- L'adresse du site imite le transporteur. chronopost-livraison, suivi-colissimo, mondialrelay-colis, suivis d'une extension inhabituelle. Le vrai site du transporteur n'a rien après son nom.
- Le lien est raccourci.Un lien qui masque sa destination n'a aucune raison d'être dans un avis de livraison légitime.
- Le message ne vous nomme pas.Un envoi de masse s'adresse à « Cher client » parce qu'il ne sait pas qui vous êtes.
En cas de doute persistant, notre analyseur d'email détecte spécifiquement les adresses qui imitent un nom de transporteur et les liens raccourcis, deux marqueurs très présents dans cette famille de messages.
Ce que dit la loi
Vous avez payé : quoi faire
1. Opposition sur la carte
Appelez le numéro d'opposition de votre banque. Même si la somme prélevée est dérisoire, ce sont les données de la carte qui sont désormais entre d'autres mains.
2. Cherchez l'abonnement caché
Reprenez vos relevés des trois derniers mois et guettez les mois à venir. Un libellé inconnu, un montant régulier entre quarante et quatre-vingts euros, une périodicité mensuelle : ce sont les signes. Chaque prélèvement non autorisé se conteste.
3. Signalez selon le canal
Un SMS se transfère gratuitement au 33700. Un email se transfère à Signal Spam. Dans les deux cas, signalez également l'escroquerie sur la plateforme Pharos.
4. Contestez et déposez plainte
Signalement sur Perceval si votre carte est toujours en votre possession, contestation écrite à votre banque au titre de l'article L.133-18, et dépôt de plainte, souvent exigé par la banque pour instruire le dossier.
Questions fréquentes
Ce message concerne-t-il vraiment votre colis ?
Transférez-le à notre analyseur : il repère les adresses qui imitent un transporteur et les liens qui masquent leur destination. Gratuit, sans inscription.
Vous avez reçu un message de ce type ?
Transférez-le à notre adresse d'analyse : domaine réel de l'expéditeur, destination des liens et contrôles SPF, DKIM et DMARC. Verdict en quelques secondes.
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