Comment vérifier si une entreprise est fiable
Un devis soigné, un site professionnel et un commercial convaincant ne disent rien de la société qui encaissera votre argent. Les registres publics, eux, le disent, et ils sont gratuits.
Pour vérifier si une entreprise est fiable, partez de son numéro SIREN ou SIRET, qui doit figurer sur son devis, sa facture et les mentions légales de son site. Avec ce numéro, contrôlez gratuitement dans les registres publics (Annuaire des entreprises de l'État, BODACC) qu'elle est active, depuis quand elle existe, qu'elle ne fait pas l'objet d'une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire), qu'elle dépose ses comptes chaque année et que ses dirigeants n'enchaînent pas les sociétés liquidées. Selon le cas, ajoutez la qualification RGE et l'assurance décennale d'un artisan, ou l'autorisation d'un intermédiaire financier sur les listes de l'AMF et de l'ACPR. Aucun de ces contrôles ne garantit l'honnêteté, mais chacun écarte un risque connu et documenté.
01Pourquoi la question se pose
- Tout ce que vous voyez d'une entreprise, elle l'a choisi : son nom, son logo, son site, ses avis mis en avant, le discours de son commercial. Rien de cela n'est vérifié par qui que ce soit.
- Une société peut exister légalement et ne plus pouvoir honorer un contrat : en liquidation judiciaire, elle n'exécutera pas les travaux et ne remboursera pas l'acompte, même de bonne foi.
- Le procédé le plus rentable n'est pas d'inventer une entreprise, mais de fermer la précédente avant les réclamations et d'en ouvrir une nouvelle sous un autre nom, avec le même dirigeant.
- Enfin, des escrocs empruntent le nom et le numéro d'entreprises réelles et saines : vérifier la société ne suffit pas, il faut aussi vérifier que c'est bien elle qui vous contacte.
02Les vérifications à faire, dans l'ordre
Obtenir son numéro SIREN ou SIRET
Le SIREN (9 chiffres) identifie l'entreprise, le SIRET (14 chiffres) un de ses établissements. Il doit figurer sur le devis, la facture et les mentions légales du site. Une entreprise qui refuse de le donner, ou qui ne l'indique nulle part, vous dit déjà l'essentiel.
Vérifier qu'elle existe et qu'elle est active
Saisissez le numéro sur l'Annuaire des entreprises de l'État (annuaire-entreprises.data.gouv.fr), gratuit et officiel. Vérifiez que la dénomination correspond à celle qu'on vous a donnée, que l'entreprise est « en activité » et non « cessée », et notez sa date de création, son activité déclarée et l'adresse de son siège.
Chercher une procédure collective
Sur bodacc.fr, le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, recherchez l'entreprise : un redressement ou une liquidation judiciaire y est publié. Une société en liquidation ne peut plus exécuter un contrat ni rembourser un acompte. Un plan de sauvegarde ou de redressement n'est pas une faute, mais il appelle à ne rien payer d'avance.
Regarder si elle dépose ses comptes
Les SARL, SAS et SA doivent déposer leurs comptes chaque année, même en demandant qu'ils restent confidentiels, et ce dépôt est publié au BODACC. Deux exercices manquants ou plus est un signal fréquent chez les sociétés en difficulté ou sans activité réelle. À l'inverse, des dépôts réguliers depuis des années plaident pour elle.
Regarder son dirigeant et ses autres sociétés
L'Annuaire des entreprises liste les dirigeants et, pour chacun, les autres sociétés qu'il dirige ou a dirigées. Plusieurs sociétés liquidées ou fermées peu après leur création, surtout dans la même activité, dessinent le schéma des « sociétés phénix » : on ferme avec les dettes et les litiges, on rouvre sous un autre nom.
Confronter ce qu'elle vend à ce qu'elle déclare
L'activité déclarée (code APE) correspond-elle à ce qu'on vous propose ? Un « producteur » immatriculé en commerce ambulant, un « installateur agréé » créé il y a trois mois, un siège dans une société de domiciliation à l'autre bout de la France : pris seuls ce ne sont pas des preuves, mais ce sont exactement les incohérences à creuser avant de signer.
Ajouter les contrôles propres à son secteur
Pour des travaux de rénovation énergétique, vérifiez la qualification RGE sur l'annuaire officiel de France Rénov' ; pour tous travaux de construction, demandez l'attestation d'assurance décennale, nominative et en cours de validité. Pour un placement, un crédit ou une assurance, vérifiez que l'intermédiaire est autorisé (registre ORIAS, REGAFI) et absent des listes noires de l'AMF et de l'ACPR. Pour un site marchand, cherchez ses mentions légales et ses conditions générales de vente.
03Ce que cette méthode ne dit pas
- Les registres disent si une société existe et si elle est en difficulté. Ils ne disent pas si elle se comporte honnêtement : une entreprise active, ancienne et à jour de ses comptes peut pratiquer la vente forcée.
- Une société récente n'est pas suspecte en soi : toute entreprise a été créée un jour. C'est la combinaison avec d'autres signaux qui compte.
- Vérifier l'entreprise ne prouve pas que c'est elle qui vous contacte. Un site, un email ou un RIB peut usurper le nom et le SIREN d'une société saine : vérifiez que le site affiche bien le numéro de cette société, et qu'il est bien le sien.
- Les registres ont leur propre délai de mise à jour : une procédure ouverte hier n'y figure peut-être pas encore.
04Laisser l'analyse faire le reste
Chacun de ces contrôles se fait à la main, dans un registre différent. Les croiser prend une demi-heure par entreprise, et remonter les sociétés de chaque dirigeant bien davantage : c'est ce que fait la vérification automatique, en une recherche.
- Une seule recherche, par nom ou par SIREN, croise l'INSEE, le BODACC (annonces annulées comprises), le registre national des entreprises et les dépôts de comptes.
- Il remonte le réseau des dirigeants et compte les liquidations dans leurs autres sociétés, pour repérer les sociétés phénix sans ouvrir vingt fiches.
- Il retrouve le site officiel de l'entreprise, confirmé par son SIREN, et vérifie qu'un site qu'on vous présente lui appartient bien. Il consulte aussi les listes noires de l'AMF.
- Il rend un niveau de vigilance, et chaque signal est daté et sourcé : vous pouvez tout revérifier vous-même dans le registre d'origine.
Ce que vous obtenez : Un niveau de vigilance (rouge, orange ou vert), le détail de chaque signal avec sa source et sa date, l'historique de la société, son réseau de dirigeants et son site officiel quand il est identifié.
Vérifier une entreprise gratuitement05Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un numéro SIREN, et où le trouver ?
C'est l'identifiant à 9 chiffres attribué par l'INSEE à chaque entreprise française. Le SIRET, à 14 chiffres, identifie un établissement : ses 9 premiers chiffres sont le SIREN. Il figure obligatoirement sur les factures et doit apparaître sur les devis et les mentions légales d'un site professionnel. Un numéro inventé se repère souvent tout seul : les SIREN respectent une clé de contrôle, et un numéro qui n'existe dans aucun registre ne correspond à aucune entreprise.
Comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire ?
Le jugement d'ouverture d'une liquidation est publié au BODACC, consultable gratuitement sur bodacc.fr, et l'Annuaire des entreprises signale les procédures en cours. Une entreprise en liquidation peut continuer d'exister au registre pendant des mois : son statut « active » ne suffit donc pas, il faut regarder les annonces.
Une entreprise créée récemment est-elle forcément à risque ?
Non. Une création récente est un facteur de prudence, pas une preuve : la société n'a simplement pas d'historique. Elle devient un vrai signal quand elle s'ajoute à d'autres, par exemple un dirigeant dont les sociétés précédentes ont été liquidées, ou une demande d'acompte important avant tout début d'exécution.
Un site affiche le nom et le SIREN d'une vraie entreprise : est-ce suffisant ?
Non. Des escrocs recopient le nom, le numéro et parfois le logo d'entreprises réelles pour inspirer confiance, en particulier dans les faux placements et les fausses offres de crédit. Vérifiez que le site est bien celui de l'entreprise : même nom de domaine que son site officiel, coordonnées cohérentes avec le registre, et absence sur les listes noires de l'AMF. Au moindre doute, contactez l'entreprise par les coordonnées du registre, pas par celles du site.
Comment vérifier un artisan avant de signer un devis ?
Vérifiez son SIREN et son statut comme toute entreprise, puis demandez son attestation d'assurance décennale pour des travaux de construction, et sa qualification RGE si vous comptez sur une aide publique à la rénovation énergétique. S'il vous démarche à domicile, sachez qu'aucun paiement ne peut être exigé avant sept jours et que vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter.
Les avis en ligne suffisent-ils à juger une entreprise ?
Non. Les avis s'achètent, se suppriment et se trient, et une société fraîchement créée peut en afficher des centaines. Ils complètent les registres, ils ne les remplacent pas. Méfiez-vous surtout d'une note parfaite sur une entreprise qui n'existe que depuis quelques semaines.
06Pour aller plus loin
Les autres méthodes de vérification :